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    A vivre seule

     

    A vivre seule, au moins quelques années,

    on apprend à passer du besoin qui ligote au désir

    et au rêve qui ouvrent grand l'espace en soi et autour de soi.

    A vivre seule, on apprend à choisir ses relations

    au lieu de les supporter, de s'en accommoder.

    Sauvage et sociable tout à la fois, l'individu solitaire ne se croit pas obligé d'aller à des repas de famille,

    de participer à des fêtes dont les convives l'ennuient.

    Et de cela il ne se sent nullement culpabilisé parce qu'il est en accord avec ce qu'il fait.

    Se tenir en solitude,c'est chérir une situation propice à inattendu,

    à l'incroyable dont les tableaux de Van Eyck et de Brueghel esquissent l'apparition.

    C'est se vouloir disponible, absolument ; et non disponible pour quelque chose,

    en attente de quelqu'un.

    Se tenir dans la fraicheur du commencement.

    C'est donc un état émerveillé.


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